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Nouveau tremblement de terre en Haïti 
mercredi 20 janvier 2010, 14:31
Un puissant séisme de magnitude 6,1 a à nouveau secoué Haïti ce mercredi matin, huit jours après le tremblement de terre du 12 janvier, donnant lieu à des scènes de panique dans Port-au-Prince où 370.000 sans-abri s’entassent désormais dans 300 campements improvisés.
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© AFP.
Selon l’Institut de géophysique américain (USGS), le séisme s’est produit à 6h03 locales (12h03 HB) à 60 km à l’ouest de Port-au-Prince. Son hypocentre a été localisé à une profondeur de seulement 9,9 kilomètres.
La secousse a duré quelques secondes alors que la capitale dévastée se réveillait. Des gens se sont mis à courir dans la rue.
Quelques Haïtiens dormant dans la rue se moquaient des gens paniqués qui sortaient des maisons. Sur une place publique transformée en immense dortoir, une femme s’est mise à prier dans un mégaphone.
Sur une place de Pétion-ville, dans l’est de la capitale, devant l’hôtel Kinam dont les occupants sont sortis en courant, des gens répétaient: “C’est l’Eternel, c’est l’Eternel, c’est l’Eternel”.
Aucune victime n’était signalée dans l’immédiat mais des journalistes de l’AFP présents à Port-au-Prince ont rapporté des bruits d’effondrement, ce qui semble indiquer que des bâtiments endommagés par le séisme survenu il y a huit jours se sont écroulés.
Cette secousse paraissait néanmoins moins forte que d’autres répliques ressenties ces derniers jours.
Pour rappel, la capitale haïtienne a été dévastée il y a huit jours par un tremblement de terre de magnitude 7 qui a fait au moins 75.000 morts et 250.000 blessés.
Un bébé de 23 jours sauvé
Huit jours après le premier séisme, un bébé de 23 jours a été sorti vivant des ruines d’une maison à Jacmel, ville du sud d’Haïti, par des secouristes français, a rapporté mercredi la radio France Inter. Cette petite fille, prénommée Elisabeth, a été découverte dans une cavité, sous les ruines d’une maison, après cinq heures d’efforts de trois équipes de secouristes français, selon un envoyé spécial de la radio. L’oncle de la fillette a précisé au micro de France Inter qu’elle était âgée de 23 jours. L’enfant, qui est tonique, ne présente aucune trace d’ecchymoses et se porte bien, a été transféré vers un hôpital de campagne monté par des Américains à Jacmel.
370.000 sans-abri
Par ailleurs, huit jours après le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier, plus de 300 campements improvisés regroupent environ 370.000 sans abri à Port-au-Prince, a estimé ce mercredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les campements improvisés sont éparpillés dans la ville, regroupant environ 370.000 personnes “vivant dans des abris de fortune, sans accès à des réseaux d’eau”, selon les données recueillies sur place par l’OIM et ses partenaires.
“Des quartiers entiers sont vides. Les plus pauvres d’entre les pauvres sont restés dans la ville, mais beaucoup de gens ont quitté Port-au-Prince, la plupart pour se rendre dans d’autres villes où ils ont de la famille ou des amis”, a commenté le chef de la mission de l’OIM sur place Vincent Houver, cité dans un communiqué de l’organisation.
Le problème : la « coordination » de l’aide
Le président haïtien René Préval a reconnu mercredi, huit jours après le séisme, un « problème de coordination » dans la distribution de l’aide internationale mais a salué son arrivée très rapide.
« Aujourd’hui le problème qui est posé est la coordination. L’aide arrive et on n’est pas préparé à la recevoir. Quand elle arrive, on nous dit : où sont les camions pour la transporter ? Où sont les dépôts ? L’aide va aller en augmentant. C’est la coordination de l’aide, pour savoir en quelles quantités, quand et comment la distribuer, qui est importante », a déclaré le chef de l’Etat haïtien à la radio publique française RFI et au quotidien Le Monde.
M. Préval a écarté toute critique à l’égard des Etats-Unis, dont les soldats ont débarqué mardi devant le Palais présidentiel en ruines. « Il y a des blessés et des endroits pour les mettre. Si la pelouse du palais présidentiel peut servir à sauver des vies, je crois que les élans idéologiques doivent faire place à la charité. (…) C’est sur la pelouse du palais qu’ils doivent recevoir des soins, c’est ça qui est essentiel ».
« Nous avons une collaboration avec plusieurs partenaires (…) Les Américains ont, sous l’égide de la (Mission de stabilisation des Nations Unies) Minustah, tout en ne faisant pas partie de la Minustah, offert leur aide pour la reconstruction. C’est toujours la Minustah, avec la police aidée par les Américains », qui est en charge de la sécurité à Haïti, a-t-il dit.
« Un pays ne meurt pas, un peuple ne meurt pas (…) Oui, nous allons nous relever, avec la prise de conscience des Haïtiens qu’on ne peut pas construire n’importe où, qu’il faut la stabilité politique pour construire dans la continuité », a souligné le chef de l’Etat.
« La stabilité politique et la démocratie sont la condition fondamentale du développement de ce pays », a-t-il encore observé. Il a aussi espéré que l’aide internationale « sera présente dans le moyen et le long terme ».
M. Préval a préconisé « un plan d’occupation » des sols pour déterminer les zones favorables à la reconstruction et souligné que toute construction devrait recevoir « une autorisation » à l’avenir.
Le président a par ailleurs jugé que les quartiers de la capitale devaient « s’organiser » face à l’insécurité entretenue par des bandes. « Nous avons environ 2.500 policiers à Port-au-Prince et il y a 3.000 bandits qui sont sortis de la prison » détruite dans le tremblement de terre, a-t-il précisé.
« Ces gens-là constituent un danger parce que, pour chaque chef de bandits, il y en a dix ou vingt autres qui vont travailler avec lui », a-t-il estimé.
« Si les quartiers s’organisent pour dénoncer les bandits qui sont sortis de prison, pour raisonner ceux qui ont tendance au pillage, je crois que ça ira mieux », a-t-il dit.
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